lundi 16 janvier 2017

Kubista


Resté dans l'ombre de son maître, Jan Kotěra, Otakar Novotný fait pourtant partie de ces architectes qui ont contribué à faire de l'ancienne Tchécoslovaquie l'un des pionniers de l'architecture moderne, au même titre que l'Allemagne, les Pays-Bas ou les Etats-Unis.

Il est aussi emblématique de ce qualificatif synonyme à Prague d'avant-garde et de modernité : prvorepublikový, autrement dit "de la Première République". Chez nous, c'est à la Troisième qu'on se réfère avec nostalgie, oubliant le colonialisme, deux Guerres mondiales et le triomphe des valeurs bourgeoises. Tandis qu'en Bohême, ce sont ces 20 petites années de l'Entre-deux-Guerres et par extension les quelques années qui précédent l'indépendance en 1918 qui font rêver : à peine deux décennies de prospérité - au moins jusqu'au milieu des années 1930, de démocratie (la seule de la région) mais surtout, d'avant-garde sociale et artistique.








Une République "ne reconnaissant aucun privilège lié au sexe", dixit sa constitution de 1919, fondée par pionniers éclairés et accordant une importance centrale aux arts modernes : le cinéma (les studios Barrandov le disputant à ceux de Babelsberg), la poésie surréaliste, l'architecture, depuis le cubisme des années 1910, unique au monde, jusqu'au fonctionnalisme triomphant des années 1930.

Otakar Novotný incarne parfaitement cette époque, lui qui embrasse le cubisme tardif en même temps que les idéaux de cette Première République, lorsqu'il édifie pour la coopérative des maisons pour instituteurs ce superbe bâtiment en lisière de l'ancien quartier Juif. Des fenêtres découpées telles des diamants et une façade toute en géométrie, datant de 1921...

Membre des deux cercles artistiques les plus importants de l'époque, Mánes et Artěl, il se frottera ensuite au Rondocubisme (au programme presque surréaliste), avant de s'astreindre aux principes sévères du fonctionnalisme, notamment pour le nouveau siège de Mánes, un autre de nos bâtiments préférés (à suivre!)...






 Crédit photos // SLAVIA VINTAGE

samedi 26 novembre 2016

Bauhaus - Dessau - laboratoire d'expérimentation

Dormir dans la résidence d'étudiants à Dessau, une expérience hors du commun que je n'oublierai pas de si tôt...

Lorsque le Bauhaus débarque à Dessau, il a 6 ans. 

Six petites années qui ont suffi à ce mouvement protéiforme pour jeter les bases d’une nouvelle avant-garde picturale et plastique, révolutionner la scénographie, inventer l’art de la performance et fonder une approche intégrée de l’architecture et des artefacts usuels qui la peuple (meubles, lampes, tapisseries, céramiques…), abolissant les frontières entre l’art et l’artisanat.  










A Weimar, capitale de la jeune République allemande mais surtout classique ville provinciale où planent les mânes de Goethe, le caractère international et la pédagogie novatrice du Bauhaus dirigé par Walter Gropius, détonnent. Lorsqu’en 1924, la municipalité vire à droite et que l’école voit son avenir hypothéqué, le choix des « maîtres » se porte logiquement sur Dessau, ville industrielle avant-gardiste en plein développement.

Le Bauhaus de Dessau, c’est donc celui de la maturité. 

Là, l’école entreprend de se doter d’un complexe de bâtiments à l’image des principes qu’elle défend : fonctionnalité, simplicité, interdisciplinarité. En à peine deux ans, le nouveau Bauhaus est sorti de terre et accueille des ateliers où les maîtres venus de Weimar et de nouveaux pensionnaires poursuivent l’expérimentation tous azimuts. 







A deux pas, les maisons édifiées pour les principaux maîtres (Gropius, Klee, Kandinsky, Moholy-Nagy) sont autant de manifestes, en même temps que des lieux de création.  Le cadre d'une créativité débordante, festive (à travers des performances aux confins du théâtre) et fonctionnelle : adossé à une société anonyme chargée de commercialiser ses créations, le Bauhaus justifie son nom en édifiant un quartier d’habitation dans les faubourgs de Dessau.








En 1931, la peste brune atteint Dessau. Le Bauhaus doit de nouveau déménager et ses jours sont comptés. Mais depuis Dessau, son rayonnement a déjà fait son œuvre. Des quartiers Bauhaus ont surgit de terre à Tel Aviv, la Charte d’Athènes présentée en 1933 par Le Corbusier et en partie inspirée par les principes du Bauhaus diffuse ceux du modernisme, Mies Van der Rohe popularise le style « international » et le mobilier a pour toujours cessé d’être décoratif pour former un tout avec l’architecture. 



Crédit photos //  SLAVIA VINTAGE

mardi 11 octobre 2016

WAJDA


"L'artiste romantique doit se transcender. Il lui faut être plus qu'un créateur. Il lui faut être la conscience de la nation, un prophète, une institution sociale…"

Andrzej Wajda








lundi 19 septembre 2016

Design Parade Toulon - Bleus Méditerranée

"Si j'ai choisi le bleu, ou plutôt les bleus, c'est pour célébrer la Méditerrranée à travers un choix d'oeuvres de la collection du musée d'Art de Toulon. Il ne s'agit pas pour autant d'une uniformisation par le monochrome. Car le bleu est à mes yeux bien plus qu'une couleur. C'est un univers qui évoque le sud, tous les suds, il me touche particulièrement car il exprime l'infini, le rêve, la douceur (…) Le bleu, c'est un ciel en coupole, tout rond. Je suis une orientale élevée en occident, une déracinée multiculturelle pour laquelle le bleu est un fil rouge : celui qui relie la mer au ciel, un bleu de tous les possibles."

India Madhavi




Un thème prolongé dans le choix de la thématique "Dessine-moi une maison en Méditerranée". Les architectes d'intérieur participant au concours Design Parade Toulon, ont plongé dans les bleus, le minéral, la garrigue, le soleil éclatant et les eaux… Et nous avec!


















Crédit photos //  SLAVIA VINTAGE


mercredi 17 août 2016

samedi 25 juin 2016

Phill's corner - Prague

A deux pas du DOX se trouve Phill's corner le dernier café conçu par les designers Jan Plechac et Henry Wielgus,  qui ont misé cette fois-ci sur les suspensions sculpturales, le marbre et une palette lumineuse marquée par le vert-citron du sol. Un oasis de fraîcheur  en ce début d'été, qui se prolonge dans la cour avec des séances de cinéma. La programmation : Kids, The Big Lebowski, Il ragazzo di Campagna… A ne pas manquer!



















Crédit photos // SLAVIA VINTAGE